Ne plus exclure de la formation les personnes qui ne maîtrisent pas ou mal le français et les compétences de base et leur proposer un réapprentissage via des Espaces Ressources Compétences. Telle est l'expérimentation que mène l'AFPA d'Alsace depuis juin dernier.
5, 6 % des stagiaires accueillis par l'AFPA tout niveau et tout secteur confondu sont en situation d'illettrisme selon une enquête réalisée par l'AFPA et l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme. Et les campus de formation alsaciens sont dans une situation identique.
Pour remédier à cette problématique, l'Alsace a mis en place un plan régional de développement des compétences de base pour la période 2009-2011. Parmi ces pistes de réflexion : développer les compétences de base en lien avec la formation professionnelle.
Sylviane Pierrot, responsable d'affaires insertion et territoires à l'AFPA et participante à ces travaux, a proposé un projet qui sortirait d'une logique qui ne prend en compte que les compétences de base pour une logique qui croiserait ces compétences avec des compétences professionnelles, des compétences métiers et qui donnerait ainsi du sens à la démarche.
Pour développer ce projet, elle se base sur des expérimentations antérieures telles que le chantier-école à Strasbourg, découverte des métiers et compétences de base à Mulhouse. Nous avions accueilli une population de jeunes sans ou faiblement qualifiés et des stagiaires non francophones
, explique-t-elle.
La même population qui se retrouve aujourd'hui au sein des Espaces Ressources Compétences. Les jeunes sortis du système scolaire cumulent des difficultés de lecture, d'écriture et de mathématiques tandis que les stagiaires non francophones, plus âgés, ont pour certains des diplômes et une expérience professionnelle dans leur pays d'origine, mais ne maîtrisent pas la langue française. Pour eux, c'est la maîtrise de la langue française qui s'avère nécessaire.
Grâce à ces Espaces Ressources Compétences effectifs depuis juin dans les campus de formation de Strasbourg, Colmar et Mulhouse, ces publics peuvent réapprendre les savoirs fondamentaux (lire, compter, écrire) ou le français. Et voir ainsi leur parcours de formation sécurisé et leur chance de validation augmentée. Pour autant, il n'est pas question d'une simple formation de remise à niveau.
C'est dans le cadre précis de l'apprentissage d'un métier que les stagiaires vont revoir les savoirs fondamentaux. Les stagiaires non francophones, pour une grande majorité des ressortissants des pays de l'Est, du Maghreb et de la Turquie, vont travailler le vocabulaire technique, les termes managériaux, apprendre le fonctionnement d'une entreprise…
Les jeunes sans qualification qui ont des difficultés à comprendre les subtilités du discours vont apprendre eux à lire un plan, une étiquette, les règles de calcul utiles pour les métiers du nettoyage… En moyenne, chaque stagiaire bénéficiera de 170 heures de cours.
Notre objectif est que les stagiaires obtiennent leur diplôme et qu'ils se sentent à l'aise dans leur environnement professionnel.
Un bilan sera bientôt effectué afin d'évaluer l'efficience du système et mesurer le taux de réussite.
Le financement des Espaces Ressources Compétences devait s'arrêter en juin 2010. Avant même le résultat du bilan, la Région a décidé de renouveler son financement jusqu'en 2011.Madame Caldéroli-Lotz, vice-présidente du Conseil Régional, nous a tout de suite soutenus. Nous avons une obligation de réussite
, indique Sylviane Pierrot.
Acquérir les compétences de base utiles à une insertion professionnelle.